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samedi, août 15 2009

Téléchargement légal à la Fnac, histoire d'une nullité

Bonjour à tous,

En ces temps de loi Hadopi, de droit d'auteur à ne plus savoir quoi en faire et de remises en question du piratage (ce que, en tant que créateur de jeux vidéos, je ne désapprouve pas forcément totalement dans le fond, quand bien même la forme me gêne), j'aimerais vous raconter l'odyssée douloureuse qu'a été ma première (et dernière) tentative d'achat sur internet sur le site de la Fnac.

Tout a commencé le 3 août, lorsque j'ai reçu, pour ma participation à divers sondages, un bon cadeau "fnac.com". Ca tombait bien : j'avais envie de découvrir de nouveaux jeux, et je me suis donc jeté sur leurs offres. Et plus particulièrement sur leurs offres de téléchargement, car je n'avais pas particulièrement envie de me rendre à la poste récupérer le colis que j'aurais acheté.

Première constatation : le bon d'achat dont je bénéficiais, si il est parfaitement utilisable sur la fnac.com, ne peut être utilisé sur le téléchargement, qui (d'après un vendeur fnac consulté plus tard) est en fait totalement indépendant du reste. Pas grave : ça m'a donné envie et particulièrement envie d'acheter City of Heros, jeu que j'ai envie d'essayer depuis longtemps. Je rempli les différents champs, bref, prépare ma commande normalement.

Et là, premier problème. Pour éviter d'avoir à re-donner mon numéro de carte, je choisi le paiement par Paypal. Je valide le paiement sur Paypal, tout se passe bien... Sauf que. Sauf que lors de la fin du paiement et du retour au site, je reçois une magnifique erreur 404 (soit en d'autres termes un message m'indiquant que la page n'existe pas). D'où expectative : ai-je payé ? Vais-je être prélevé ? Si oui, vais-je recevoir mon jeu sachant que je n'ai reçu aucun mail ?

Immédiatement, je tente de contacter par téléphone le service après-vente des produits en téléchargement, en utilisant le numéro inscrit à cet effet sur le site de la Fnac. Cinq tentatives de coup de fil plus tard, espacées chacune d'une heure, toujours rien : personne ne réponds à ce numéro. Exaspéré - et inquiet, je n'ai même pas reçu de mail de confirmation ! - je fini par leur envoyer un email, auquel je n'aurais jamais de réponse.

Le lendemain, je tente à nouveau plusieurs fois de joindre ce service : rien. Toujours pas de réponse, pas même un répondeur : le téléphone sonne juste dans le vide. Finalement, je me décide, ayant envie de jouer, à acheter le jeu à nouveau, mais par carte bleue cette fois (le jeu coûtait 10 euros, ce n'était pas particulièrement élevé). Cette fois, je reçois les mails et apprends ainsi une chose interessante : le numéro indiqué, ainsi que le mail de contact, sont tous les deux faux. Inutile d'y écrire si vous avez un problème un jour, la société qui s'occupe des téléchargements pour la fnac a changée et le site de la fnac n'a tout simplement pas été mis à jour.

Je me met donc immédiatement à télécharger le jeu que j'avais acheté. Le téléchargement se passe bien, et comme vous l'ignorez peut-être, City of Heros est un jeu se jouant exclusivement en ligne : je me suis donc rendu sur le site de l'éditeur du jeu pour créer un nouveau compte, pendant que le téléchargement s'effectuait tranquillement. Et là, nouveau problème : le code de création de compte était déjà utilisé !

Petite explication ici : comme je l'ai dit, le jeu est multijoueur, ce qui signifie que chaque joueur possède un compte sur le site de l'éditeur, compte créé en utilisant un code unique trouvé avec son jeu. Deux comptes différents ne peuvent pas être créés avec le même code.

J'envoi donc pour commencer un message à l'éditeur en utilisant son système de support. Et dans le même temps, je prends mon téléphone et compose le numéro (surtaxé) de leur hotline pour obtenir quelques renseignements.

Rapidement, j'apprends qu'il n'y a aucune trace de mon achat par paypal : j'imagine donc qu'il ne me sera pas débité (il ne l'a pas été à ce jour). Et j'apprends également qu'ils ne peuvent rien pour moi : si le code ne marche pas, c'est le problème de l'éditeur et pas le leur. Et bien sûr, le lendemain, réponse de l'éditeur : c'est le vendeur qui est responsable et pas nous.

Commence alors une belle partie de ping-pong, où je me retrouve à devoir attendre au téléphone une réponse, sans jamais en avoir. Chaque fois, ils se renvoyaient la balle, affirmant qu'ils obtenaient leurs codes directement de l'éditeur et qu'ils n'étaient donc pas responsables, et qu'il fallait aller voir les autres.

Finalement, ce lundi (le 10), excédé, je téléphone à la DGCCRF. Où j'obtiens une réponse très claire : l'éditeur n'a rien à voir là-dedans, j'ai payé pour un code qui marche, la fnac me doit un code qui marche. Point. Donc, sur leurs conseils, j'envoi un mail de mise en demeure demandant d'obtenir un code qui marche.

Et là... rien. Pas de réponse. Le lendemain, je leur téléphone, leur demandant si ils ont bien reçu mon mail. Réponse : "oui, mais il faut que je vous passe mon chef". J'attends donc une petite demi-heure au téléphone, après quoi j'apprends que le chef est occupé et me rappellera, promis, dès qu'il a raccroché (ce qui m'arrange : je vous rappelle que je paye tout ça). Le soir vient : pas un appel. Je rappelle donc, bien décidé à obtenir ce qui m'est du. J'apprends que le chef n'a pas eu le temps de me contacter, mais qu'il me rappellera demain.

Le lendemain, toujours rien. Pas un coup de fil, rien ne se passe. Et finalement, c'est le sur-lendemain (le 13 donc) que je reçois enfin un mail m'indiquant qu'ils ne sont responsables de rien, mais que pour résoudre le problème ils m'envoient un nouveau code, qui lui fonctionne.

Bilan ? Deux semaines d'attente, une vingtaine d'euros déboursés en plus dans leur service après-vente (qu'ils ne m'ont jamais remboursé, alors que je n'était en rien responsable de la situation), soit plus du double du prix du jeu ! Et bien sûr quelques constats, en particulier que la fnac donne de fausses informations pour les contacter, que les paiements ne donnent parfois rien...

Bref, je vous laisse vous faire votre propre opinion sur tout ça. Pour ma part je profite maintenant du jeu que j'ai (enfin !) eu, en me promettant de ne plus jamais acheter quoi que ce soit sur leur service de téléchargement et en conseillant vivement à tout le monde de faire de même.

jeudi, juillet 23 2009

Vis ma vie d'EIP

Après avoir vu rapidement les principe "psychologique" qui régissent la définition des EIP, et être passé rapidement sur ce qu'ils impliquent en théorie, je vous propose une autre vision des EIP, en espérant que cela puisse peut-être aider les parents qui se poseraient des questions après le diagnostique comme EIP de leur enfant. Je vais tenter de vous raconter ma vie en tant qu'EIP, et ce que cela a impliqué pour moi. Si d'autres EIP veulent réagir, qu'ils n'hésitent pas à parler de leur enfance, cela donnera un aperçu de ce que c'était réellement, pour nous, loin des discours théoriques des psy. Je vais tenter autant que je le peux de me cantonner à la période enfance et adolescence, sans parler de la partie "adulte" de la chose.

Ce n'est jamais facile d'analyser avec franchise ses propres sentiments et ses propres actes, alors qu'on a plusieurs années de plus et qu'on ne peut se fier qu'à nos souvenirs pour les retracer. Je me souviens des cours, lorsque j'étais encore au primaire. Je ne me rappelle pas avoir eu de difficultés, particulièrement avant mon passage de classe... Au contraire, tout était très facile, presque évident. Les réponses à apporter étaient on ne peux plus simples ; je "comprenais" les choses. Par exemple, les multiplications : je me rappelle de longues disputes avec ma mère, avant de sortir de la maison, pour me faire réciter une table que je ne connaissais toujours pas par cœur. Je n'ai jamais eu de problèmes avec les multiplications, j'ai très bien compris ce qu'elles voulaient dire... mais je refusaient de les apprendre par cœur. Apprendre par cœur, c'était accepter un état de fait ; alors que je pouvais "comprendre" les multiplications et leur utilisation, et ensuite, quel besoin de les apprendre vu que je comprenais ce qu'elles faisaient ?

La précocité amène souvent un déséquilibre émotionnel. C'est un fait cliniquement constaté ; pour ma part, il ne m'a pas vraiment dérangé lorsque j'étais à l'école. Bien sûr, lorsque j'ai sauté une classe, j'ai perdu mes amis, mais je les voyaient encore lors des récréations ; et puis, quoi qu'il en soit, je n'étais pas dans un environnement inconnu et donc je n'ai pas eu trop de mal à m'en faire de nouveaux. Les choses sérieuses, en fait, ont commencées à mon arrivé au collège. Je ne connaissais plus personne, car je passais d'une école privée à un collège public. A ce moment-là, je me passionnais pour la lecture ; je lisais tout le temps, de mon réveil à mon coucher, en passant par le repas de midi (je lisais en mangeant et en faisant la queue), les cours (je cachais les livres derrière les cahiers que je posais à cheval entre la table et mes genoux) et même sur le trajet : c'est à cette époque où j'ai appris comment lire dans la rue tout en gardant un oeuil sur ce qui se passe autour. Bien sûr, mes passes-temps étaient totalement différents de ceux des autres élèves ; a vrai dire, je n'ai jamais vraiment compris ce qu'ils aimaient. Au début de ma période de collège, j'avais aussi une propension croissante à regarder la télévision, vite censurée par une interdiction de mes parents. J'ai toujours été très sensible à toutes ces choses ; mes rédactions et mes histoires se peuplaient de monstres féroces, de sang et de violence. La privation de télévision, bien sûr, ne m'a pas fait plaisir, mais je pense qu'elle m'a été bénéfique.

Les livres étaient donc mes compagnons de tous les jours, les autres élèves n'étant pas dans la même optique que moi. En revanche, patient, bien élevé par mes parents, et généralement serviable, j'ai toujours eu beaucoup de facilité et de plaisir à me mêler aux adultes. Je me souviendrais probablement toute ma vie de mes cours d'histoire-géographie, en quatrième, que je terminais toujours par une longue discussion avec mon professeur, à tel point qu'il avait inscrit dans son agenda, après notre cours, une case "Discussion" de vingt minutes ! J'avais une façon de raisonner et d'appréhender les choses différentes de celle des autres, parce que comme pour les multiplications, je les comprenaient. L'histoire, après tout, n'est pas qu'une suite de date, même si c'est sur ce point que nous sommes notés ; c'est avant tout une explication logique, un enchainement de faits compréhensibles et explicable avec un peu de psychologie. Croyez-moi, si vous voulez faire aimer l'histoire à quelqu'un, faites abstraction des dates quelques minutes et expliquez-lui pourquoi les choses se passent et plus uniquement quand elles se sont passées : ça change totalement le regard sur la matière.

Qu'on ne s'y trompe pas, en lisant tout ceci, on pourrait croire que j'étais malheureux : il n'en est rien. J'étais content de cet état de fait, j'avais des gens - des adultes qui plus est - avec qui discuter, et discuter de façon très intéressante ; je me voyais - et me vois encore, en fait - comme un enfant, et la possibilité de discuter, d'argumenter et de débattre avec un adulte me remplissais de joie. Je ne sais pas comment l'expliquer autrement que comme ceci : lorsque je débattais ainsi, je n'était plus simplement un enfant passif, qui écoutait ce qu'on lui disait, je devenais un interlocuteur à égalité avec l'adulte, capable de suivre mes propres raisonnements et d'apporter ma propre lumière sur certaines choses. C'était une démarche purement intellectuelle et j'y étais associé ; j'adorais ça.

Malgré tout, mes notes restaient relativement moyennes, voir mauvaises. La raison en était double. D'abord, je n'avais jamais été habitué à travailler : lorsque j'étais au primaire, je pouvais réussir tout ce que j'avais à faire en cours simplement en le comprenant, il ne m'était jamais indispensable de l'apprendre. Ensuite, et surtout, je restais et reste toujours dans cette logique de compréhension, et donc ne voyais pas l'intérêt de choses qui sont au fond accessoires, les dates par exemple. Après tout, voyons les choses en face : est-il plus important de savoir que l'assassinat de l'archiduc françois-ferdinand à eu lieu le 28 juin 1914, mais d'ignorer totalement pourquoi il a été tué et pourquoi ça a déclencher la première guerre mondiale, ou de savoir que ça a eu lieu en 1914, qu'il a été tué car la Bosnie avait été envahie auparavant par l'autriche-hongrie et que les Serbes refusaient, et qu'en plus la visite avait eu lieu un jour de fête religieuse Serbe qui avait été repris à son compte par l'Archiduc, et que les Serbes voyaient donc dans cette visite une provocation ; et que, lorsque l'autriche appris, en grande partie par hasard, que les armes avaient été fournies par la Serbie aux assassins, elle imposa un ultimatum irréalisable à la Serbie, qui le refusa, ce qui amena l'autriche à envahir la Serbie et du fait des différences alliances, la première guerre mondiale ?

Qu'on ne me fasse pas dire ce que je n'ai pas dit : certains élèves de ma classe situaient le paléolithique en 1948, et c'est évidemment n'importe quoi. Il faut connaitre, selon moi, l'époque approximative des choses, mais leur date au jour près... Quelle importance ? Bref, à cause de considérations de ce genre, et bien que je comprenais parfaitement la logique derrière les choses dans la plupart des matières, je n'ai jamais été très bon. Et à coté de ça, je restais éloigné des autres élèves, au collège comme au lycée, pour la simple raison que mes passions étaient liés à mon imaginaire, et à mon refus d'accepter que tout se limitais à mes livres de cours... Je rêvais d'astrophysique pour découvrir l'univers, d'informatique nouvelle et ultra-performante qui ouvrirait la voie aux robots, d'elfes, de fées, de lutins et de mondes imaginaires qui rendraient la vie différente du simple train-train. Je n'ai jamais voulu limiter mon imagination, et cela m'éloignais de la plupart des autres élèves, qui bien sûr rêvaient aussi, mais de choses plus... terre à terre.

Ce sont les principales choses qui me reviennent à l'esprit en pensant à cette période. J'en oublie surement ; n'hésitez pas à les compléter si vous avez vécu tout ça, ce serait avec plaisir ! Et n'hésitez pas à demander si vous vous posez des questions, je ne suis bien sûr pas un expert mais... je comprends comment je fonctionne, en partie :-)

mercredi, juin 17 2009

QI, Q(u)I es-tu ?

Souvent, lorsque je discute avec des gens à propos de l'intelligence, j'entends des choses assez incroyables - et complètement fausses - ou des préjugés très éloignés de la réalité. J'aimerais donc, chers lecteurs, vous proposer de vous aventurer dans le monde merveilleux du QI et de la précocité...

Le QI, qu'est-ce que c'est ?

Je pense que la première chose à faire serait de parler un peu de ça. Le QI, ou Quotient Intellectuel de son nom complet, est un test que certains psychologue (ou autres choses commençant par psy) font passer à leurs clients enfants. Je souligne tout de suite : enfants. Le QI dont je vais parler (que Wikipédia, dans sa grande sagesse, nomme "QI Classique") est un outil qui, couplé à d'autres, permet de détecter, chez l'enfant, des troubles divers : un QI bas implique un enfant en difficulté, qui va avoir du retard par rapport à ses camarades, et un QI haut implique à l'inverse un enfant en avance.

Je ne rentrerais pas dans les détails mathématiques du calcul ; mais pour faire simple, le QI est à relier à la notion d'âge mental. Pour ceux d'entre vous (veinards) qui n'auraient jamais passé de tests de QI, l'idée générale est de faire passer à la malheureuse victime l'enfant une suite de tests sous forme de petites énigmes de logique (suite de chiffres à compléter, formes à ranger dans l'ordre, etc...) et de noter les réponses et le temps mis pour les trouver. Ensuite, le médecin compare le résultat obtenu avec les résultats obtenus en moyenne par des enfants de différents ages. On divise l'age dans lequel "se trouve" l'enfant par son age réel, et on multiplie par 100 : ça donne un QI.

Un petit exemple pour mieux comprendre. Mettons que le petit Marc va passer le test. Marc a 10 ans ; mais les résultats qu'ils obtient au test sont ceux obtenus, en moyenne, par des enfants de 12 ans. Marc aura donc un QI de (12 / 10) * 100 = 120. Simple, non ?

Maintenant, là où ça se complique, c'est lorsqu'on parle de ce que signifie réellement le QI. Lorsqu'on viens à dire, quelle que soit la raison à cela, qu'on a un QI supérieur à la moyenne, on entends dire qu'on est "supérieurement intelligent", "surdoués"... Remettons les choses en place. D'abord, le QI ne s'adresse qu'à des enfants et montre un décalage, chez l'enfant, entre son age physique et son age mental. Mais chez l'adulte, ce décalage n'a plus de sens : tous les adultes ont acquis les bases logiques nécessaires. Le QI n'est plus un décalage, et d'abord un décalage entre quoi et quoi ? En étant adulte, il n'y a plus l'aprentissage tel qu'il est chez l'enfants ; on continue à apprendre des choses mais pas des façons de penser. En d'autres termes, le concept selon lequel 2 + 2 = 4 est acquis, et ce qu'on apprends encore c'est "couper le fil noir pour désamorcer la bombe". En gros, plus de tronc commun de concepts, mais une spécialisations d'informations.

Ensuite, le QI ne s'intéresse, de par son principe même, qu'à la logique des personnes passant le test. Lequel test a pour but, je le rappelle, de détecter d'éventuels problèmes chez les enfants (donc scolaires), pas de mesurer une intelligence que je serais déjà bien en peine de vous définir clairement. En d'autres termes, si un adulte vous dit qu'il a un QI de 160, vous pouez en déduire... qu'il aime probablement bien les maths. Et c'est tout.

Les EIP, ou la vie rêvée des surdoués.

Parlons maintenant d'un concept qui me hérisse les poils des bras rien que de taper ce mot : les soit-disant "surdoués". En pratique, on parle d'ailleurs d'EIP, ou Enfant Intellectuellement Précoce. Notez d'ailleurs que le premier mot est à nouveau "Enfant".

Un EIP, si on arrête notre définition aux mathématiques pures, est un enfant qui a un QI supérieur à la moyenne. Suivant les sources, on diagnostiquera un EIP à partir d'un QI de 120, 125 ou 130. Notez au passage que d'après Wikipédia, les enfants avec un QI situé entre 130 et 170 (limite haute du test QI) représentent 2% de la population environ. Soit deux enfants sur cent ; dans une école "classique" de 500 élèves, ça en fait une dizaine.

D'un point de vue plus "psychologique", un EIP peut être défini par certains traits qui sont particulièrements forts chez lui. Si on devait synthétiser rapidement les symptômes des EIP, on pourrait noter :

  • Une immense curiosité, principalement scientifique, et parfois abstraite (la mort, l'origine des choses, etc...). Cette curiosité se manifeste généralement par un goût immense pour la lecture (pour donner un ordre d'idée, la cadence hebdomadaire d'un EIP qui n'a pas d'autres obligations peut monter sans trop de problèmes à une trentaines de livres).
  • Un sens aigu de la logique et un besoin d'analyser le "fonctionnement" des choses. Cela induit aussi un besoin profond de justice et d'égalité, parce qu'il serait illogique qu'il y ai une injustice, même si il y a une raison sous-jacente.
  • Des difficultés scolaires, aussi étrange que cela puisse paraitre au premier abord : en effet, le système scolaire est conçu pour s'adapter au mieux à la moyenne des enfants. Qu'un enfant sorte du cadre vers le haut ou vers le bas, il sera toujours hors cadre
  • De très grosses difficultés à s'intégrer avec les autres. Ce point est assez facile à comprendre quand on le regarde après l'avoir vécu, et s'explique globalement par un fait simple : les EIP ont un raisonnement équivalent à celui que tiendrais un enfant plus agé. Ils ont par ailleurs (voir l'article de wikipédia pour des détails biologiques) une façon de penser différente, plus tournée vers la logique et l'apprentissage (la connaissance pure) et beaucoup moins vers les activités "sociales". Il n'y a dans cette phrase aucun jugement de valeur : on ne peux pas dire que le jaune soit meilleur que le bleu, ce sont juste deux couleurs. Ici, c'est pareil : ce sont deux schémas de pensée différents, sans que l'un soit meilleur que l'autre. Mais bien entendu, cette différence implique des difficultés à communiquer avec les autres : les goûts des EIP, au primaire et particulièrement au collège, sont complètement différents des goûts de leurs camarades, et leurs sujets de conversation ou leur manière d'être les différencient encore plus. Difficile dans ces conditions de nouer des rapports amicaux.
  • Une forte différence entre l'age émotionnel et l'age mental. Du fait de leurs difficultés à lier connaissance et à se faire des amis, mais aussi par leur tempérament, les EIP sont naturellements plus enfantins, plus fragiles aussi émotionnellement, que les autres enfants. C'est comme une sorte de miroir de leur avance "logique" : émotionnellement parlant, ils sont plusieurs années en retard.

Il existe beaucoup d'autres symptômes, je vous invite si le sujet vous intéresse à lire l'article de wikipédia en lien plus haut, il en montre même certains qui sont très vrais mais parfois durs à déceler. Bien sûr, toutes les personnes ayant ces symptômes ne sont pas des EIP ; mais la plupart des EIP ont ces symptômes.

Il existe une autre dimension à ces problèmes, la dimension humaine. Dans mon prochain billet, j'aborderais ce sujet, en tentant de décrire autant que mes souvenirs me le permettent mes sentiments et mes ressentis lors de mon enfance, et la façon dont cela influe sur ma vie actuelle.

mardi, mai 12 2009

Etymologie des insultes

Avant-propos : pour ceux qui s'attendent à un billet sur la loi Création et Internet, un petit peu de patience, ça arrive. Bientôt.

Ça fait bien longtemps que j'ai envie de faire un petit point sur les insultes ; une récente discussion avec une amie (bonjour Jude !) m'y amène. Car vous ne le savez peut-être pas, mais bien souvent les insultes qu'on entends autour de nous et qui blessent nos chastes oreilles (si si, elles sont chastes) ne sont pas... si insultantes. Alors voici pour vous un petit listing des insultes courantes... et de leur origines. Et ce dans l'ordre dans lequel elle me viennent à l'esprit.

Con : A l'origine, le con désigne, de façon argotique, le sexe féminin et plus particulièrement le clitoris. A priori donc aucune relation avec l'intelligence... notez au passage que "conne" n'a donc aucun sens, puisqu'un clitoris féminin, en soit, ne veux rien dire (pas beaucoup plus qu'un clitoris masculin, certes : il faudrait m'expliquer pourquoi on dit UN clitoris et UN vagin, mais UNE érection ?)

Imbécile : Cela provient de l'ancien français "bacillum" et, traduit littéralement, imbécile signifie "Sans béquille" ou "Sans bâton". Littéralement, un imbécile est donc quelqu'un qui n'attends pas l'opinion des autres pour se forger la sienne et qui préfère apprendre de ses propres expériences plutôt que de suivre la masse. Je serais plutôt fier de l'être.

Idiot : De la même racine que "idiome", qui désigne une forme particulière d'une langue, l'idiot désigne une personne particulière, différente des autres. Si la différence suffit à faire la bêtise...

Stupide : Du latin stupidus, stupide veux dire "étonné, frappé de stupeur". En d'autres termes, quelqu'un qui est stupide est quelqu'un qui est souvent étonné ; étymologiquement, c'est juste le contraire de blasé.

PD ou Pédé : Cette insulte là est beaucoup plus grave que ce qu'on en fait actuellement. En effet, si elle désigne maintenant de manière vulgaire la communauté homosexuelle, à l'origine il s'agit de la contraction de "Pédéraste", qui est le véritable terme pour désigner les pédophiles (la pédophilie, étymologiquement, étant l'amour au sens positif des enfants, au même titre qu'un philatéliste par exemple aime les timbres - sans qu'il n'ai particulièrement envie de coucher avec pour autant). Pensez-y avant de traiter votre meilleur ami de pédé pour plaisanter...

Bouffon : Le bouffon était à l'origine le fou du roi, ou de tout autre seigneur : il était chargé de l'amuser, mais aussi et surtout le seul à avoir le droit à une totale liberté d'expression et à avoir la possibilité de critiquer son seigneur. En cela il lui permettait d'avoir un regard extérieur critique, et donc (parfois...) de réfléchir à ses actes.

Débile : La débilité, à l'origine, était une faiblesse de constitution. Par exemple, un enfant débile était un enfant chétif, maigre et faible. Cela n'avait rien à voir avec un caractère mental...

Pignouf : Si actuellement ce terme désigne un individu mal-poli et mal éduqué, il s'agit à l'origine simplement du mot d'argot (l'argot étant à l'origine une langue) pour désigner les cordonniers.

Goujat : A l'origine, un goujat était un valet de second ordre des grands seigneurs et autres chevaliers, chargé entre autres de récupérer les armes tombées sur le champ de bataille.

Coquin : Le coquin, dans son sens premier, est tout simplement un mendiant :)

Bachi-bouzouk : Pour terminer sur une note amusante, l'insulte favorite (ou presque) du capitaine Haddock désigne en fait un des membres de l'ancienne armée turc :)

mardi, mai 5 2009

Frayeur tardive

Je rentrais hier soir chez moi, après un excellent diner (normal, c'est ma mère qui l'avait cuisiné). Et je prenais donc le métro, fatigué après une longue journée, sans vraiment faire attention à ce qui m'entourais, plongé dans mes pensées.

Pour rentrer chez moi, je dois prendre le métro sur deux lignes différentes, et donc à deux station différentes : d'abord au Palais de Justice, et ensuite à Esquirol. J'arrivais donc à la seconde des deux stations.

Mes réflexes étaient presque automatiques. Descendre un escalator, passer ma carte sur la borne, pousser le tourniquet. Noter la présence d'un tube à essais par terre, sur le point de se faire casser par le tapis roulant. Descendre sur l'escalator, regarder machinalement de la marche où je suis si le métro est là, en me demandant si c'est bien cette direction. Me dire que j'aurais du noter quelque chose. Voir distraitement la personne chargé du nettoyage.

Un tube à essai. Ça, c'est pas normal. Dans un métro, le tube a essai n'a pas de raison d'être. Dans un laboratoire, oui, ok, je vois l'utilité du truc. Dans une cache terroriste, aussi. J'avoue d'ailleurs - matraquage médiatique, quand tu nous tiens... - que c'est la première chose qui m'est venue à l'esprit : et si des terroriste tentaient d'attaquer le métro ? Une arme bactériologique, ou chimique ?

Je suis remonté en haut de l'escalator. Pas de doutes : c'était bien un tube à essai, assez grand, fermé par un bouchon (de liège apparement), lequel était scellé par un autocollant jaune. Sur la partie posée sur le sol, une étiquette, jaune également. Impossible à lire bien sûr sans tourner le tube. Il avait été repoussé sur le bord par l'escalator, et resté là, à coté du large plastique servant de rampe.

Bien sûr, pas de vigile en vue. Un coup d'œil de chaque coté : rien. Personne, pas un seul des blousons bleu foncé charger de nous mettre des amandes - et d'assurer, parait-il, notre sécurité. Je sors du métro : toujours personne, pas même à l'étage. Dois-je appuyer sur l'appel d'urgence ? Mais ce n'est peut-être qu'un vulgaire déchet...

Finalement, une idée me vient : la personne chargée du nettoyage. Elle, elle saura peut-être où trouver un vigile. Enfin, lui, pour être exacte : un africain d'une quarantaine d'année, qui semble passablement surpris que je lui adresse la parole. J'imagine que d'habitude, les gens doivent plus chercher à l'éviter... Je me demande un instant pourquoi un tel rejet à l'égard du personnel d'entretien, mais ce n'est pas le moment. Je lui explique rapidement ce que j'ai vu. D'abord incrédule, il accepte finalement de me suivre.

Je le vois pâlir légèrement lorsqu'il voit le tube. De sa poche, il sort un paquet de sacs poubelles et ramasse délicatement le tube, puis disparait dans une des portes menant aux coulisses du métro - et, je le sais, au pc sécurité. J'attends quelques minutes, il ne ré-apparait pas, je m'en vais.

Je ne saurais probablement jamais ce que contenait le tube à essai jaune. Mais il m'aura flanqué une belle frousse.

mercredi, avril 22 2009

L'argent-temps

Je repensais aux propos remarquables que j'ai tenus ici-même il y a quelques temps, et j'ai cherché à aller un peu plus loin dans ma réflexion et dans mon questionnement ; et par ce biais, j'en suis venu à un point : qu'est-ce que l'argent ?

Au final, c'est autour de cette question que tournent toutes les polémiques parlant du salaire des chefs d'entreprises, de nos dirigeants ou de toute autre personnes ; c'est aussi de cette question que s'articulent une bonne partie de nos lois. Qu'est-ce que l'argent ? Que représente-t-il ? Si j'ai une pièce d'un euro dans la main, est-ce que je suis en mesure de faire beaucoup de choses, ou rien ?

La réponse qu'on aurait bien sûr immédiatement tendance à choisir est "rien". Et pourtant, si nous devions lister toutes les choses possibles avec un euro... Prendre un café (parfois), acheter des bonbons, une viennoiserie, jouer à pile ou face, faire plaisir à un mendiant dans la rue, acheter le journal, faire des jeux de lumière sur les murs... Bref, beaucoup de choses. Et en même temps très peu.

Cet euro représente environ 1/1000eme de mon salaire. En d'autres termes, en travaillant un mois, je gagne 1000 euros ; sachant que je travaille (en gros) 35 heures par semaines et qu'il y a (en gros) 4 semaines par mois, soit 140 heures environ par mois ; un euro représente donc entre 8 et 9 minutes de mon temps de travail. Parallèlement, un chef d'entreprise gagne, dans une grosse entreprise, 135 800 euros par mois. Un euro représente donc à peine plus de 3 secondes de son temps à lui. Partant de là, quelle est la vraie valeur d'un euro ? Huit minutes ? Trois secondes ?

L'argent, dans sa conception, n'a qu'un seul but à mes yeux : unifier le prix de toutes les choses qui peuvent s'acheter et se vendre. Au lieu d'échanger un poulet contre deux pains, on échange un poulet contre deux pièces et un pain contre une pièce. Il y a donc derrière cette idée une valeur "unitaire" : il reste dans la logique du troc qui l'a précédé, et toute chose garde sa valeur propre ; le rapport entre un poulet et un pain est toujours le même. Remontons un peu en arrière : comment déterminer si un objet vaux une, deux, trois, milles pièces ? Qu'est-ce qui fait la valeur intrinsèque d'un objet ? Reprenons notre pain : il coute le prix de la farine, du beurre, de l'eau, de l'électricité pour le four ; en plus de ça, il coute aussi ce que l'état prends en impôts ; et enfin, il coute aussi du temps à notre boulanger. La farine coute du blé et du temps pour la moudre ; le blé coute du temps pour le faire pousser et le récolter. Au final, chaque chose peut être ramenée à un rapport de temps : le temps qu'il faut pour faire pousser le blé, le temps qu'il faut pour faire de ce blé de la farine, le temps qu'il faut pour faire le pain et le vendre.

Si nous additionnons tous ces temps, nous pourrions trouver un prix. Un prix en temps : voila, ce pain a couté exactement 8,5 minutes à produire, tout mis bout à bout (n'oubliez pas qu'on produit plusieurs pains en même temps, et idem pour le blé et la farine ! Il faut donc diviser !) ; et par conséquent, pour l'acheter, cela vous coutera 8,5 minutes. En articulant ainsi notre monnaie, en la formulant ainsi, nous pouvons trouver facilement la valeur de chaque chose ; bien sûr, il faudrait pondérer ce temps par le temps mis pour apprendre à faire chaque chose : ainsi, les huit ans qu'il faut pour étudier la médecine devraient être ajoutés aux factures des médecins ; l'experience ajoutée aux salaires, logiquement, puisque c'est du temps en plus ; et ainsi de suite.

La monnaie redeviendrais alors réellement unifiée ; et dans le même temps, il y aurait une vraie récompense au fait de travailler plus (le crédit-temps gagné serait d'autant plus grand), et l'argent aurait un vrai sens qui serait insensible aux fluctuations de la bourse !

Bien sûr, ce n'est qu'une idée sommaire... Mais elle me semble amusante. Non ?

mercredi, avril 15 2009

Les joies des box

Ma neuf box est là ! Joie, joie ! Ou presque. Je vous laisse découvrir...

Neuf box... ou presque.

En fait j'ai acheté un switch... C'est plus pratique.

mardi, avril 14 2009

Retour de l'internet

Enfin, aujourd'hui est LE jour béni où, si tout se passe bien, mon internet reviens (internet reviens, internet reviens, internet reviens parmis les siens...).

Donc pour illustrer ça, je me suis essayé au dessin, et voici donc le résultat.

Retour sur le net !

A bientôt à tous donc pour de nouvelles aventures internetifiées !

jeudi, mars 26 2009

Voyage imaginaire

Permettez-moi, chers lecteurs (Rassurez-moi : il y a bien des lecteurs sur ce blog ?), de vous proposer un petit voyage imaginaire. Un voyage dans ma ville, dans ce que j’en vois, dans ce que j’en vis au jour le jour.

Notre voyage commence à ce bureau où je rédige l’article. Il est 13h, c’est la pause déjeuner, mes collègues sont en train de manger. Je les entends parler de l’autre coté de mes deux écrans - je mange presque toujours devant mon ordinateur. L’un d’entre eux raconte les problèmes qu’il rencontre dans son couple. Tous partagent un verre de rouge (du Fronton, en l’occurence). Les filles présentes le conseil, lui disent comment essayer de résoudre les conflits. Le four à micro-onde vibre : un plat est en cours de préparation. Nous n’avons qu’une heure pour manger, donc nous sommes tous adeptes des plats à réchauffer au micro-onde (même si les miens sont préparés à la main la veille). Je sens l’odeur du saumon, l’une des filles doit être au régime.

Descendons un peu. Notre voisin direct est un cimetière. Il y a eu un enterrement ce matin, et la famille de celui qui a été enterré est encore là. Je ne sais pas qui c’était, je ne le saurais jamais. Un enfant ? Un adulte ? Peut-être une personne agée, il y en a beaucoup dans le secteur. Je travail au milieu d’un des “bas-quartier”, comme je l’ai entendu dire, de la ville. Je ne sais pas si il est vraiment bas ou haut ; en tous cas, disons que c’est un des quartiers sensibles de la ville. La population est en grande partie maghrébine, ou agée, et les logements ici sont des HLM. Laissons cette famille endeuillée à sa peine et sortons dans la rue ; de l’autre coté de celle-ci, il y a une école.

Les enfants cris de joie. Je sais que ce soir, certains d’entre eux seront juste à coté, sur l’espace de place en terre, à jouer au foot. Ils ont un ballon et font les zidanes… C’est amusant et attendrissant des les voir ainsi, juste s’amuser, se faire des passes. J’imagine que certains ne seraient pas d’accord, voyant en eux de la graine de racaille qui traine dans les rues. Moi je les voit comme des enfants qui s’amusent, et qui me regardent passer avec de grands yeux, moi qui ne suis pas du quartier, et qui ai visiblement un peu d’argent. Plus en tous cas que beaucoup de leurs voisins, même si je ne suis pas payé grand chose. Parfois un ballon passe à coté de moi, sortant de leur terrain improvisé ; je l’attrape, le leur lance maladroitement. Ils rient un peu de ma maladresse, et je ri aussi de me dire que si les gens qui affirment que tous les étrangers sont des voyous dangereux voyaient cette petite scène, ces quelques gosses qui jouent, ils penseraient surement autrement.

Continuons notre voyage en suivant mon trajet habituel ; le parcours vers le métro nous fait passer devant la poste, où il y a toujours un groupe de femmes, jamais les mêmes, qui discutent en arabe, enroulées dans leurs voiles. Nous arrivons ensuite devant un kebab où je vais parfois chercher à manger. Les propriétaires me saluent, et me demandent de mes nouvelles ; je suis un habitué, même si je ne suis pas du quartier. Je laisse toujours un petit pourboire, et ils l’ont noté ; quelques centimes, mais c’est l’intention qui compte, n’est-ce pas ? Alors on discute, quelques minutes, ils m’offrent un thé, puis je repart. De l’autre coté de la rue, une boulangerie, où je vais parfois acheter des gateaux - les leurs sont excellents. Tous ces gens sont les acteurs d’un quartier vivant, où malgré tous les préjugés, je n’ai jamais peur de me balader, même lorsqu’il fait nuit, et où tout le monde a un sourire aux lèvres.

Prenons un métro imaginaire : nous voici maintenant en centre-ville. Le sourire a laissé la place à un air sérieux et pressé ; nous ne sommes pas à Paris, mais le centre-ville doit mériter son nom. Des gens en costard passent à toutes vitesse, sans un coup d’œil pour les SDF et les punks qui sont assis par terre. Ici - comme surement ailleurs -, la reine de la rue, c’est l’héroïne, particulièrement chez les punks. Deux d’entre ont sont justement en train de chanter une chanson qu’ils écoutent - je ne la connais pas, mais visiblement les paroles les amusent, ils dansent entre eux. Leurs chiens sont autour, s’aboyant les uns sur les autres. L’un passe une bière à sa voisine. C’est un autre monde que celui que je fréquente d’habitude, mais c’est un monde que je connais - de l’extérieur. Saluons de la main les quelques habitués du coin. Même si les costards qui marchent d’un pas pressé autour d’eux le nient régulièrement, ils sont humains aussi, ils vivent, pensent, aiment, se disputent. Bien sûr, leur vie et leur vision du monde est altérée par la drogue. C’est leur premier réflexe, chaque matin. Mais certains s’en sortent, parfois. Certains se trouvent un appartement, se sortent de la rue, achètent un ordinateur, internet, ré-apprennent une autre vie - et pour reprendre les mots d’une amie, lorsqu’on a internet, on est plus vraiment dans la rue, n’est-ce pas ?

Laissons les punks à leur vie et baladons-nous dans les boutiques de la ville. Le sourire est à nouveau masqué, comme si il était une insulte à l’interlocuteur. Dans les restaurants - rapides, bien sûr : les deux mamelles de l’Amérique ont pignon sur rue ici - et dans les magasins, l’accueil est poli mais froid. Sourions-leur, parlons-leur, commençons simplement par un bonjour : alors le sourire reviens, un sourire qui ensoleille la pièce qui les entour, tandis qu’ils répondent, même pendant quelques secondes, d’un mot, d’un geste, et qu’ils se détendent imperceptiblement ; non, ce client ne sera pas le client pénible, oui, j’ai le droit de me laisser un peu aller et de décompresser durant cette dure journée.

Tous ces gens, les jeunes des quartiers, les SDF des squares, les hommes d’affaires pressés dans leur costard gris, les commerçants et les étudiants qui gagne leurs études, tous sont au final membres d’un même groupe, un groupe qui vit, rit, pleure au fil des jours et des nuits où ses sentiments changent comme un immense vibrato. Tous sont de ma ville, et tous y apporte quelque chose. Bienvenue dans ma ville, bienvenue dans Toulouse.

mercredi, mars 11 2009

Amis à sens unique

Qu’est-ce que c’est qu’un ami pour vous ? C’est une question qu’on retrouve souvent. On peut même parfois la poser lorsqu’on discute avec quelqu’un sur un chat - ça vous est jamais arrivé ? Une petite question, qui semble simple, et qui pourtant est pleine de sens cachés.

Wikipedia nous fournit, pour le mot Amitié, une définition assez vaste : “L’amitié est une inclination réciproque entre deux personnes (ou plus) n’appartenant pas à la même famille.” C’est vrai que les relations au sein d’une même famille, même très bonnes, ne sont pas les mêmes que l’amitié.

Parfois, et même souvent, je me demande ce que c’est pour moi qu’un ami. Je suis souvent l’ami intime, pour reprendre le titre d’une chanson de grégoire. Donc je suis la personne qui est là quand ça ne va pas, quand rien ne va plus et qu’on fond en larmes, et qui est prêt à passer la nuit à écouter même quand il bosse le lendemain, qui sera toujours prêt à faire un cadeau, un geste pour aider l’autre.

Mais souvent, je me demande pourquoi ce n’est pas dans les deux sens… Les moments où moi je suis mal, pourquoi ne puis-je pas parler et demander un peu d’attention, un peu d’écoute de mes amis ? Pourquoi toujours dans ces moments-là faut-il passer aux dernières histoires de leurs mecs, à ce qu’elles ont vu, à leurs animaux de compagnie… Bref, à tout sauf à moi ?

Je n’ai jamais attendu quoi que ce soit en retour de ce que je fais. Je ne compte pas le temps que je passe à écouter en me disant “après elle m’en devra tant”. Mais pourquoi est-ce que ce temps doit être absolument à 0 ? Peut-être simplement parce que je suis celui vers qui elles se tournent quand elles ne vont pas bien, et que quand ça va bien, elle s’en vont vers d’autres amis plus joyeux, qui ne sont pas là pour les consoler lorsque leur amour du jour s’est fait la malle…

Alors, que dire, ou que faire ? Cesser d’écouter et les laisser tomber malgrès leur mal-être ? Bien sûr que non… Parce que ce sont des personnes que l’on estime, que l’on voudrait heureuses, et qui ne cherchent pas à nous ignorer ainsi, mais le font naturellement. Parce que nous avons l’habitude, cette habitude de prendre sur nous et de ne plus rien attendre, et de s’effacer face aux autres…

Y a-t-il vraiment une solution ? Nous ne pouvons pas nous changer. Nous ne pouvons pas les changer. Peut-être d’ailleurs avons-nous nous aussi des amis à sens uniques, des gens que nous ne souhaitons voir et à qui nous ne souhaitons parler que quand ça va mal, qui savent nous remonter le moral, puis que nous ignorons… Je ne crois pas. Je ne me souviens pas de gens qui me remonte le moral, ou qui sache m’écouter… Parfois quelques temps, une semaine ou deux, mais c’est rare, si rare… Et trop vite leur tendance naturelle reprends le dessus.

Vous qui me lirez, regardez autour de vous. Repensez à vos amis. Recherchez ceux que vous trouvez déprimants, tristes, ennuyeux… Quand allez-vous les voir ? Pourquoi ? Peut-être sont-ils ennuyeux uniquement parce que vous ne les recherches que lorsque vous vous ennuyez…

mardi, décembre 9 2008

Bon ou mauvais ? Ou simplement seul...

Encore une fois, la traduction du texte précédent, que vous trouverez ici

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lundi, décembre 8 2008

Une nuit dans Toulouse

Traduction du billet “A night in Toulouse”, ici en version originale.

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