Vis ma vie d'EIP
Par Ekilio le jeudi, juillet 23 2009, 12:53 - Divers et variés - Lien permanent
Après avoir vu rapidement les principe "psychologique" qui régissent la définition des EIP, et être passé rapidement sur ce qu'ils impliquent en théorie, je vous propose une autre vision des EIP, en espérant que cela puisse peut-être aider les parents qui se poseraient des questions après le diagnostique comme EIP de leur enfant. Je vais tenter de vous raconter ma vie en tant qu'EIP, et ce que cela a impliqué pour moi. Si d'autres EIP veulent réagir, qu'ils n'hésitent pas à parler de leur enfance, cela donnera un aperçu de ce que c'était réellement, pour nous, loin des discours théoriques des psy. Je vais tenter autant que je le peux de me cantonner à la période enfance et adolescence, sans parler de la partie "adulte" de la chose.
Ce n'est jamais facile d'analyser avec franchise ses propres sentiments et ses propres actes, alors qu'on a plusieurs années de plus et qu'on ne peut se fier qu'à nos souvenirs pour les retracer. Je me souviens des cours, lorsque j'étais encore au primaire. Je ne me rappelle pas avoir eu de difficultés, particulièrement avant mon passage de classe... Au contraire, tout était très facile, presque évident. Les réponses à apporter étaient on ne peux plus simples ; je "comprenais" les choses. Par exemple, les multiplications : je me rappelle de longues disputes avec ma mère, avant de sortir de la maison, pour me faire réciter une table que je ne connaissais toujours pas par cœur. Je n'ai jamais eu de problèmes avec les multiplications, j'ai très bien compris ce qu'elles voulaient dire... mais je refusaient de les apprendre par cœur. Apprendre par cœur, c'était accepter un état de fait ; alors que je pouvais "comprendre" les multiplications et leur utilisation, et ensuite, quel besoin de les apprendre vu que je comprenais ce qu'elles faisaient ?
La précocité amène souvent un déséquilibre émotionnel. C'est un fait cliniquement constaté ; pour ma part, il ne m'a pas vraiment dérangé lorsque j'étais à l'école. Bien sûr, lorsque j'ai sauté une classe, j'ai perdu mes amis, mais je les voyaient encore lors des récréations ; et puis, quoi qu'il en soit, je n'étais pas dans un environnement inconnu et donc je n'ai pas eu trop de mal à m'en faire de nouveaux. Les choses sérieuses, en fait, ont commencées à mon arrivé au collège. Je ne connaissais plus personne, car je passais d'une école privée à un collège public. A ce moment-là, je me passionnais pour la lecture ; je lisais tout le temps, de mon réveil à mon coucher, en passant par le repas de midi (je lisais en mangeant et en faisant la queue), les cours (je cachais les livres derrière les cahiers que je posais à cheval entre la table et mes genoux) et même sur le trajet : c'est à cette époque où j'ai appris comment lire dans la rue tout en gardant un oeuil sur ce qui se passe autour. Bien sûr, mes passes-temps étaient totalement différents de ceux des autres élèves ; a vrai dire, je n'ai jamais vraiment compris ce qu'ils aimaient. Au début de ma période de collège, j'avais aussi une propension croissante à regarder la télévision, vite censurée par une interdiction de mes parents. J'ai toujours été très sensible à toutes ces choses ; mes rédactions et mes histoires se peuplaient de monstres féroces, de sang et de violence. La privation de télévision, bien sûr, ne m'a pas fait plaisir, mais je pense qu'elle m'a été bénéfique.
Les livres étaient donc mes compagnons de tous les jours, les autres élèves n'étant pas dans la même optique que moi. En revanche, patient, bien élevé par mes parents, et généralement serviable, j'ai toujours eu beaucoup de facilité et de plaisir à me mêler aux adultes. Je me souviendrais probablement toute ma vie de mes cours d'histoire-géographie, en quatrième, que je terminais toujours par une longue discussion avec mon professeur, à tel point qu'il avait inscrit dans son agenda, après notre cours, une case "Discussion" de vingt minutes ! J'avais une façon de raisonner et d'appréhender les choses différentes de celle des autres, parce que comme pour les multiplications, je les comprenaient. L'histoire, après tout, n'est pas qu'une suite de date, même si c'est sur ce point que nous sommes notés ; c'est avant tout une explication logique, un enchainement de faits compréhensibles et explicable avec un peu de psychologie. Croyez-moi, si vous voulez faire aimer l'histoire à quelqu'un, faites abstraction des dates quelques minutes et expliquez-lui pourquoi les choses se passent et plus uniquement quand elles se sont passées : ça change totalement le regard sur la matière.
Qu'on ne s'y trompe pas, en lisant tout ceci, on pourrait croire que j'étais malheureux : il n'en est rien. J'étais content de cet état de fait, j'avais des gens - des adultes qui plus est - avec qui discuter, et discuter de façon très intéressante ; je me voyais - et me vois encore, en fait - comme un enfant, et la possibilité de discuter, d'argumenter et de débattre avec un adulte me remplissais de joie. Je ne sais pas comment l'expliquer autrement que comme ceci : lorsque je débattais ainsi, je n'était plus simplement un enfant passif, qui écoutait ce qu'on lui disait, je devenais un interlocuteur à égalité avec l'adulte, capable de suivre mes propres raisonnements et d'apporter ma propre lumière sur certaines choses. C'était une démarche purement intellectuelle et j'y étais associé ; j'adorais ça.
Malgré tout, mes notes restaient relativement moyennes, voir mauvaises. La raison en était double. D'abord, je n'avais jamais été habitué à travailler : lorsque j'étais au primaire, je pouvais réussir tout ce que j'avais à faire en cours simplement en le comprenant, il ne m'était jamais indispensable de l'apprendre. Ensuite, et surtout, je restais et reste toujours dans cette logique de compréhension, et donc ne voyais pas l'intérêt de choses qui sont au fond accessoires, les dates par exemple. Après tout, voyons les choses en face : est-il plus important de savoir que l'assassinat de l'archiduc françois-ferdinand à eu lieu le 28 juin 1914, mais d'ignorer totalement pourquoi il a été tué et pourquoi ça a déclencher la première guerre mondiale, ou de savoir que ça a eu lieu en 1914, qu'il a été tué car la Bosnie avait été envahie auparavant par l'autriche-hongrie et que les Serbes refusaient, et qu'en plus la visite avait eu lieu un jour de fête religieuse Serbe qui avait été repris à son compte par l'Archiduc, et que les Serbes voyaient donc dans cette visite une provocation ; et que, lorsque l'autriche appris, en grande partie par hasard, que les armes avaient été fournies par la Serbie aux assassins, elle imposa un ultimatum irréalisable à la Serbie, qui le refusa, ce qui amena l'autriche à envahir la Serbie et du fait des différences alliances, la première guerre mondiale ?
Qu'on ne me fasse pas dire ce que je n'ai pas dit : certains élèves de ma classe situaient le paléolithique en 1948, et c'est évidemment n'importe quoi. Il faut connaitre, selon moi, l'époque approximative des choses, mais leur date au jour près... Quelle importance ? Bref, à cause de considérations de ce genre, et bien que je comprenais parfaitement la logique derrière les choses dans la plupart des matières, je n'ai jamais été très bon. Et à coté de ça, je restais éloigné des autres élèves, au collège comme au lycée, pour la simple raison que mes passions étaient liés à mon imaginaire, et à mon refus d'accepter que tout se limitais à mes livres de cours... Je rêvais d'astrophysique pour découvrir l'univers, d'informatique nouvelle et ultra-performante qui ouvrirait la voie aux robots, d'elfes, de fées, de lutins et de mondes imaginaires qui rendraient la vie différente du simple train-train. Je n'ai jamais voulu limiter mon imagination, et cela m'éloignais de la plupart des autres élèves, qui bien sûr rêvaient aussi, mais de choses plus... terre à terre.
Ce sont les principales choses qui me reviennent à l'esprit en pensant à cette période. J'en oublie surement ; n'hésitez pas à les compléter si vous avez vécu tout ça, ce serait avec plaisir ! Et n'hésitez pas à demander si vous vous posez des questions, je ne suis bien sûr pas un expert mais... je comprends comment je fonctionne, en partie 


Commentaires
bonjour,
j’ai 3 enfants… ma fille, la plus grande (7 ans) diagnostiquée “précoce” à 4 ans et demi avec un test de qi a plus de 110 sans avoir repondu a l’intégralité des questions…. et mon second, un garcon de 4 ans et demi qui est “pire” puisqu’il a un qi tres élevé… on ne nous a jamais dit le chiffre… seulement qu’il se situe entre 130 et 140…
Tout ca pour dire que je reconnais là, en votre témoignage, plusieurs “symptomes” de mes deux petites têtes blondes… d’après le pédo psy quand y’en a 2 y’en a 3… il me dit que la 3eme qui n’a que 9 mois sera sans doute pareille… j’en suis presque a dire “il vaut mieux pour elle” !
le gros problème est que tout n’est pas transposable d’un enfant à l’autre, et que si pour maelle, son avance intellectuelle se traduit par une enorme curiosité, des questions sur la vie et la mort et une émotivité trop aiguisée (et la lecture à gogo bien sur !!)…. à la limite de la depression (d’après la psy scolaire!!), pour matteo ca serait plutot de l’hyperactivité une série de toc (enfin je la qualifie ainsi) une bizarrerie… il est dans son monde, dans sa bulle et n’est motivé que par l’apprentissage… il adore compter et lire, mais ne fait que ca ! A l’ecole c’est (déjà) la catastrophe puisqu’il ne rentre pas dans le moule, il n’aime pas dessiner ou alors c’est pour former des lettres sous forme de jeux…et il voit des chiffres partout… il s’amuse à ecrire dans tous les sens, à lire a l’envers, il pourrait entrer chez IGN car il a une mémoire spaciale d’enfer (il nous guide sur la route quand on ne connait plus la route a prendre)…. et là, il est en train d’apprendre les tables de multiplications … je ne sais pas pourquoi…sa pire des punitions est l’interdiction de lire ou de se taire quelques minutes… effectivement …. mais parcequ’il ne dort pas… il reflechit tout le temps, il est hypermnésique et se souvient de tout et du coup nous raconte tout le temps tout et plusieurs fois… s’il a appris la signification d’un mot il va la répéter sans cesse… il a appris pourquoi les feux passaient au rouge et du coup les bonhommes en vert l’an dernier et depuis il nous le dit et le répète dès qu’il peut… il parle tout le temps….s’en est penible ! par contre à l’école, il parait qu’il est en retrait… il ne cherche même pas à montrer qu’il sait ! sauf si c’est pour lire ou pour donner les dates ! (ça aussi c’est une passion… il retient toutes les dates les jours…)
là, (il lit deja depuis un an sans soucis) il a des reflexion parfois déroutantes et d’adulte et en même temps c’est un gros bébé qui a encore beaucoup besoin de nous, qui a besoin de beaucoup d’attention… c’est difficile pour nous, parents, de se dire qu’il n’a “que” 4 ans et demi puisqu’il fait deja beaucoup de choses d’un age plus elevé… et parfois, on se dit qu’il y a quelque chose qui ne tourne pas rond chez lui…. très difficile de comprendre ce genre d’enfant ! il est obnubilé par les chiffres les lettres et aussi les choses bizarre comme la machine a laver…. meme si elle n’a pas de hublot comme la mienne… il l’ecoute.. bizarre hein ?? il est tellement bizarre que pour rire, certains amis l’avait appelé rain man… sauf que nous, on s’est demandé s’il n’etait pas autiste tellement il est étrange (c’est ce qui nous a amené a consulté d’ailleurs !). A l’école cette année, sa maitresse a été d’une incompétence rare puisqu’il a été diagnistiqué en milieu d’année, elle a vu en décembre qu’il savait dejà lire à l’occasion d’une sortie à la bibliotheque lorsqu’il a pris un livre pour le lire à ses camarades et n’a rien fait a part nous dire que notre fils est “space” et n’a pas non plus cherché a savoir pourquoi parfois il refusait certains exercice et préférait ne rien faire… nous esperons que l’an prochain tout ira mieux car là, son année scolaire a été assez penible pour lui comme pour nous ! il s’y ennuie tellement qu’a la maison, c’est comme s’il essayait de rattrapper le temps perdu à l’ecole en enregistrant tout mais du coup ne dort que très très peu… en fait il tombe d’épuisement (et dort le yeux mi clos.. ça fait bizarre) apres avoir ingurgité un livre et ensuite répété des phrases, des tables, des chiffres… bref, il manquait de matière à l’école ! l’an prochain il va en grande section, puis ira certainement en cp car ses psy disent qu’il n’a rien à faire en maternelle ! lui donner du grain a moudre, mais en même temps, il est tellement bébé et peu mature sur le plan de la motricité par exemple que tout ca me fait peur ! j’ai peur qu’il ne soit effectivement pas compris, qu’il n’ait pas encore le même esprit que les autres (c’est un peu la jungle dans la cours en général, maelle en a fait les frais cette année) or lui, ne doute pas de la gentillesse des gens… et pourtant ! ce qui me rassure un peu, c’est que son psy nous a bien dit que lorsqu’il aura des choses a apprendre, d’une part, il calmera un peu son hyperactivité physique mais aussi mentale ! et que du coup il sera plus posé et pourra tout a fait suivre une journée d’école normale de cp …. je ne le vois pas du tout assis toute une journée… j’espere qu’il a raison ce psy !
et puis il est tellement tout seul ! il n’a pas vraiment de copains ! en fait il avait 2 personnes assez proches de lui… c’etait ses amoureuses… à part ca, pas grand monde ! même avec son cousin ca ne passe pas et ils ont le meme age ! il a essayé le foot et a trouvé ca super nul car il n’a pas compris pourquoi il fallait se piquer le ballon… pourquoi c’est pas chacun son tour !! …? bref, on n’attend pas ce genre de réactions d’un enfant de 4 ans ! il est bien parmi les adultes… en tant que parents, nous sommes completement démunis…. on ne sait pas quoi faire pour qu’il soit bien, pour ne pas le brider tout en restant inflexible sur le sommeil par exemple !
en bref, c’est un enfant interressant, mais difficile a gérer au quotidien ! mais pourquoi se plaindre… il est intelligent… sauf que pour nous, c’est dur de savoir comment faire ! bon, il ne faut pas non plus dramatiser, c’est mieux un gamin intelligent plutot qu’handicapé ! et puis c’est sur, on fait sensation quand on lui demande de reciter l’alphabet a l’envers a toute vitesse devant tout le monde… et encore ca, ce n’est rien !! bref, pour ma part, j’ai toujours peur de passer pour la vilaine maman qui pousse son enfant alors que c’est faux ! et en meme temps, bien sur que je suis fiere qu’il soit intelligent ! mais qu’est ce que ca fait pretencieux quand on parle de ces deux petits génis…. tout de suite les personnes qui ne nous connaissent pas nous taxent de vantardise…. mais c’est faux ! en meme temps, montrer aux gens ce qu’il est capable de faire, de retenir et de dire est la seule facon pour nous de montrer qu’on ne ment pas, qu’il est véritablement précoce, et aussi que ce n’est pas nous qui lui apprenons les choses puisqu’on est parfois nous meme incapable de faire ce qu’il fait ! ( le coup de l’alphabet par exemple ! on se demande bien pourquoi il l’a appris a l’envers !)
concernant maelle, dont j’ai peu parlé, cette petite fille a aussi un symptome assez frequent chez les EIP, elle a tres tres peur de l’echec, de ne pas y arriver ou de decevoir ! du coup elle ne fait les choses que lorsqu’elle est sure et certaine de les savoir ! (ex:elle n’a dit le nom des couleurs que tres tard… elle savait l’alphabet avant… soit a 2 ans…. mais les couleurs…. un jour, je lui ai demandé de quelle couleur etait l’objet et la elle m’a repondu correctement sauf que j’ai continué mon petit jeu et qu’elle connaissait le marron, le violet, le rose etc… elle a aussi marché tres tard, mais d’un coup, elle a arreté de faire pipi dans ses couches d’un seul coup sans jamais aucun loupé… bref, c’est tout ou rien !! )
voila un peu les tracas d’une maman de deux petits ip…. peut etre 3… qui sait ! si vous avez des conseils, je suis a l’ecoute ! au moins vous, vous devez les comprendre !!
ps : quoi que…. ma derniere ne parle pas encore, ne connait pas deja son alphabet ! elle est en retard là !! par rapport a ses ainés ….
c’est effectivement très long pour un “commentaire” mais au moins ca fait du bien !
Après relecture… je tiens à m’excuser… pour les fautes !! bouhhh !! mon conjoint (alias Maître Capello) me l’a aussi fait remarquer… mes petits ne tiendraient pas de leur maman… zut alors ! !
Bonjour,
Je confirme pour le symptôme de la peur de l’échec : j’ai exactement le même. Je pense, en essayant de m’analyser, que ça viens en partie de la conscience qu’on est “plus intelligent” (je n’aime pas tellement cette formulation ^^’) que les autres, ou plus exactement qu’on a plus de facilité pour certaines choses : se tromper deviens alors décevoir les autres, alors que ne rien dire ou faire ne déçois pas.
Tout ceci découle d’une fais commun chez les EIP : le déséquilibre de la balance émotion/reflexion. Il ne faut jamais, jamais oublier ce fait quand on s’occupe d’EIP, parce que c’est une part importante de leurs réactions. Un EIP va être aussi en retard, émotionnellement parlant, qu’il peut être en avance intellectuellement parlant : c’est typiquement le cas du football que vous citiez. Un enfant normal a le plaisir de la compétition, du jeu, comme tous les enfants de son age. Un EIP va comprendre les règles, mais il ne va pas avoir la maturité émotionnelle pour comprendre ces envies de vaincre l’autre équipe, de se disputer (au sens figuré) un ballon. Si intelligent que votre fils puisse être par ailleurs, et si logique surtout qu’il puisse se montrer, ce n’est que de la logique ; il reste un enfant de quatre ans et même moins, et avec les faiblesses émotionnelles qu’implique cet age.
Quand au fait de l’occuper en lui donnant un maximum à apprendre… C’est une bonne tactique, de ce que j’en ai vu. Elle est appliquée dans un collège spécialisé où ma sœur a suivi ses cours, et elle donne d’assez bons résultats ; l’idée est qu’en plus de les occuper et donc de canaliser l’énergie de l’enfant, on le force aussi à travailler et pas seulement à se reposer sur sa compréhension des choses, et à travailler y compris pour des choses qui ne sont pas forcément celles qui l’intéressent immédiatement. N’hésitez pas également à lui proposer d’autres activités à l’extérieur (par exemple les ateliers pour enfants des musées) afin de l’aider à combler cette soif de connaissance : c’est tellement agréable d’apprendre !
Et merci pour votre témoignage
C’est moi qui vous remercie pour votre vu des choses ! ca aide a comprendre certaines réactions de mes petits… et puis ça soulage aussi de pouvoir dire tout ça sans être prise pour une maman qui pousse ses enfants ou les met sur un piedestalle !
La clef reside bien dans l’apprentissage…. leur donner suffisamment à apprendre, et leur donner le goût d’apprendre ! Les encourager quoi ! Ce côté est “gérable” ! c’est le fossé entre l’émotionnel et la compréhention ou l’intelligence qui est dur à appréhender !
En tous cas, merci !
bonjour,
je me retrouve avec Ekilio,
j’ai vécu longtemps avec ma grand-mère où jusqu’au jour à l’âge de 10 ans je me suis retrouvée avec ma mère et mon père en région parisienne, en primaire j’étais super nul en math je n’aimais pas les multiplications, apprendre par coeur cela me disait rien et je ne voyais pas l’utilité. Par contre, j’aimais le français et l’histoire/géo et je lisais un bouquin par jour en moyenne, ma mère n’en revenait pas. J’aimais déjà la nature, les reportages sur les civilisations, l’Opéra, les sciences et vie de la terre. En rentrant au collège, je m’ennuyais aussi en cours. Résultat je me suis retrouvée en CAP rapidement, résultat après une 1ere année en CAP, les profs constatent que je dois passer directement en BEP pour faire deux années. En français, je me suis retrouvée avec des profs sympas. On traitait des sujets réelles comme l’apartheid, tchernobyl ETC….A la fin de ces deux années, je me suis arrêtée pour bosser….Aujourd’hui, je me trouve toujours différente des autres, mais je m’éclate avec les gens très cultivés donc plus âgé que moi. J’ai un jeune fils de 12 ans, sensible, immature dans les choses courantes de la vie comme faire une douche rapidement, s’habiller rapidement et très mature pour te poser des questions assez complexes de la vie et des choses, et je me demande bien s’il n’est pas EIP….Depuis tout petit, il aime les musées, les châteaux, les sciences, les nouvelles technologies, les civilisations, les origines de l’homme…par contre il n’aime pas trop le français et préfère les maths, mais cela ne l’empêche pas d’écrire un livre en ce moment…
mon fils de 5 ans et demi a été diagnostiqué EIP il y a un mois. Il a passé la moyenne section de maternelle et se retrouve donc cette année en CP. Son instit dit avoir compris ce que cela impliquait mais je n’ai pas l’impression qu’elle fasse ce qu’il faut pour qu’il ne s’ennuie pas à l’école. Je ne la juge pas, bien au contraire! moi-même, à la maison, j’ai parfois du mal à l’occuper comme il le voudrait. En effet, il voudrait que je lui apprenne à lire plus vite qu’à l’école. Mais j’ai peur qu’il s’ennuie par la suite : que va-t-il faire quand il connaîtra déjà le nouveau son du jour?
Ce soir les vacances commencent et je me demande bien comment je vais faire pour lui occuper les journées… Etant moi-même une “précoce”, je me rappelle que je détestais les vacances à cause de çà. Je saoulais maman à longueur de journée avec la fameuse phrase: “je sais pas quoi faire”. Alors si quelqu’un a une solution pour moi, merci de me répondre! Cela me sera d’une grande utilité!
De plus, quelqu’un sait-il comment faire comprendre aux gens qu’élever un enfant précoce n’est pas une sinécure? Les autres parents me disent que j’ai de la chance, que mon fils ira loin, qu’il n’a pas besoin de moi pour s’élever… Bref, ils ne comprennent rien à rien et en tant que parents, on se sent seuls et rejetés. Jamais invités, ni nous ni le petiot… c’est dur de supporter tout çà tous seuls! En plus Alexis sent bien que l’on est mis à l’écart et pense que c’est à cause de lui. On a beau lui expliquer que ce n’est pas de sa faute mais que c’est à cause de la bêtise humaine, il se sent responsable et le vit très mal. Alors quand j’entends parler de la dépression chez les EIP, çà me fait un peu peur. Je comprends ce qu’il ressent pour l’avoir ressenti une bonne partie de ma vie mais j’ai l’impression que je n’arrive pourtant pas à le rassurer. Suis-je une mauvaise mère pour mon fils?
Comme vous le voyez, c’est pas la détresse, mais çà s’en rapproche…
merci de m’aider!
Bonjour Laure,
Quand les gens te disent que tu as de la chance d’avoir un enfant précoce….ils ne se rendent pas compte que c’est très difficile à vivre au quotidien !!! Tu peux emmener ton fils dans les musées, sur Paris t’en a un paquet…d’ailleurs j’y suis retournée avec le mien la semaine dernière, le musée Cluny sur Paris, le musée du quai branly aussi, il a aimé l’exposition temporaire sur les Aztéques. Le château de Versailles, la cité des sciences à la villette, les châteaux en Région Parisienne. Je peux te dire que j’en ai fait un paquet de choses déjà avec mon fils, sinon il s’ennuierai toujours !! Pendant les grandes vacances, pareille nous sommes toujours en recherche de nouveaux musées à visiter, ou châteaux. Que les gens arrêtent de dire c’est facile de vivre avec un enfant précoce !! Je le vis au quotidien. Précoce ne veut pas dire réussite scolaire forcément malheureusement !!! j’en suis môi-même une preuve. bon courage.
je te remercie Fati de m’avoir répondu.
L’idée des musées je l’ai eue aussi, le souci c’est que çà reste assez cher et que malheureusement nous n’en avons pas les moyens. Sa dernière demande c’est de visiter le musée de l’espace à Toulouse. Quand on compte les frais de route, de logement sur place, de restauration et de musée, c’est tout-à-fait hors de prix! Quant à Paris, dans la mesure où j’habite au sud de Tours, çà fais un peu loin pour y aller sur une journée! On va essayer au printemps prochain mais bon, avec sa soeur qui n’aura que 2 ans et demi, c’est pas toujours facile non plus.
Enfin, un soulagement quand même : les dernières vacances (Toussaint) se sont bien passées dans l’ensemble. Il a commencé à s’énerver sur les 2 derniers jours et je croyais qu’on était revenus en arrière, avant le diagnostique! C’est épuisant de se sentir épié et testé à longueur de temps! en plus par son propre enfant! mais on fait avec parce que de toute façon on a pas le choix… et puis de toute façon on les aime nos marmots!
ce qui me rassure aussi c’est que malgré son comportement qui est assez souvent “borderline”, tout le monde me dit qu’il est attachant. Et y a pas à dire, çà fait plaisir à entendre!
encore merci de m’avoir répondu Fati, et bon courage…
@Laure : pour les visites des musées, pensez éventuellement aux jours portes ouvertes ! Je ne sais pas ce qu’il en est à Tours, mais par exemple, sur Toulouse, le premier week-end de chaque mois, les musées sont gratuits (du moins, il me semble).
La citée de l’espace à Toulouse est une visite très intéressante, y compris pour un enfant de cet age. Pensez éventuellement à vous rapprocher du club nature et découvertes : pour un prix assez faible (je crois que c’était 3 euros), ils proposent de nombreuses activités qui pourraient l’occuper ; et en particulier des places gratuites pour la cité de l’espace. Un hotel à Toulouse coute entre 20 et 40 euros la nuit (du moins pour les hôtels à prix “raisonnables”), comptez également le prix d’un ticket de bus (ligne 11 pour aller à la cité de l’espace).
Et n’oubliez pas, bien que ce ne soit pas nécessaire je pense à rappeler : au-delà de leur curiosité et de leur avidité de savoir, vos enfants vous aiment et ont besoin de cet amour, même si ils peuvent ne pas toujours le montrer. Ils ont en eux ce déséquilibre affectif et si ils peuvent passer de bons moments et s’amuser, c’est grâce à vous et parce que vous comblez ce retard affectif propre aux EIP.
Merci Ekilio pour ta réponse. Sache que pour Noël nous avons prévu de faire une enveloppe à Alexis avec tous les détails de notre prochain “voyage” à Toulouse. Nous nous sommes fais sponsoriser par mes parents et pourrons donc emmener Alexis et réaliser un de ses nombreux rêves. C’est déjà une bonne chose de faite! En plus papy et mamy garderont la petite soeur, ce qui fait qu’Alexis aura ses parents pour lui tout seul quelques jours! j’ai hâte de voir sa tête quand il aura lu les détails de notre périple.
En ce qui concerne son amour pour nous, je n’ai pas de souci à ce propos. Il est très dur et agité mais il ne manque pas une occasion de me dire qu’il m’aime “même s’il n’est pas toujours sage” (je le cite). Quant à nous, on essaye de lui dire le plus souvent possible et de l’encourager. Il s’est fait un copain à l’école et on espère que cette amitié va durer plus longtemps que les autres!!!
Depuis qu’il a été diagnostiqué et que le psy m’a expliqué comment faire pour le gérer au mieux, il s’est calmé et recommence à rire à gorge déployée; ce qui n’était pas arrivé depuis logtemps! Je me dit souvent que j’ai raté beaucoup de choses et que cela pourrait être plus facile aujourd’hui si j’avais été plus patiente et plus à l’écoute de mon marmot. Mais je pense que culpabiliser de cette manière, sans qu’Alexis le ressente, ne peut m’être que bénéfique aujourd’hui.
Surtout, si vous avez des trucs et astuces pour m’aider et surtout aider Alexis, n’hésitez pas : je prends!!!
merci encore
bonjour! c’est encore moi!
Depuis quelques temps Alexis recommence à avoir un comportement très difficile à gérer. Il est agressif, il est provocateur, il ne pose plus de questions, il fait exprès de se tromper à l’école, il ne demande plus la parole quand il connaît la réponse, il a régressé en écriture, il commence à se taper avec des objets… la liste est longue! Je ne sais pas vraiment comment réagir face à autant de symptômes qui surviennent tous au même moment… je parle beaucoup avec lui, je lui demande de m’expliquer ce qu’il ressent, mais il ne le peut pas. En plus il recommence les crises de somnambulisme et d’angoisses la nuit…
Son instit m’a dit qu’elle ne le reconnaît pas. J’ai entendu parler du déni de précocité et de la dépression chez les EIP et je voudrais savoir quoi faire pour arrêter tout cela au plus vite. Je dois avouer que cela m’inquiète énormément… Bref, j’ai besoin d’aide!!!
Bonjour et bonne année !
Désolé, je réponds bien tard, mais je n’avais pas vu le commentaire (est-ce vraiment une excuse ? ^^)
En tous cas… Une première solution pourrait être d’aller voir un psychologue, qui pourrait vous aider de façon plus construite. Une autre peut être de tenter effectivement de parler avec lui, de le faire parler ou expliquer, mais c’est d’autant plus dur qu’il est rare de comprendre instinctivement ce qui nous arrive, cela demande à être analysé…
A mon avis, une visite chez un professionnel pourrait vous orienter plus précisément et vous aider. Ce n’est en rien une honte ni quelque chose de négatif, simplement une façon de comprendre et de régler un problème qui pourrait être sur le point de se déclarer ou être en cours.
Bonjour, comme je suis heureuse d’être tombée par hazard sur votre site . J’ai un fils de 11 ans en 5eme actuellement, je dit actuellement , car nous allons le déscolariser. Il a un qi a plus de 140 et vraiment le système n’est pas adapté et ne lui convient pas.
Quand je lit votre description j’ai l’impression que c’est de mon fils que vous parlez .
Les livres, les discutions à bâtons rompus, sans la solitude,
Mon fils est seul ! il n’a pas d’amis, ses “camarades” l’ont rejeté dés le début du collège . Tout lui est trop facile, il parle trop avec ses profs de choses dont “camarades” ne comprennent rien ou ignorent même l’existence .
Comme vous il adore le Médiéval Fantastique et a déja lut plusieurs sagas. Tant qu’il y a des dragons , des chevaliers et autres trollocs , il est heureux !
Quand il était petit il voulait devenir glaciologue pour sauver les ours blancs, maintenant il veut être astronome pour sauver la planète de la destruction !
Il voudrait qu’on le mette dans une école qu’avec des enfants comme lui , pour parler avec eux, avoir les mêmes envie de livres, parler , parler , parler … et être comprit sans avoir à tout expliquer ! Mais il n’y en pas à cote de chez nous et puis c’est bien trop cher hélas !!
Cet été nous allons le mettre en vacances avec d’autres <EIP> c’est comme ça que je vous ai trouvé et que ce soir je lui ferais lire votre expérience .
J’aimerai bien savoir ce que vous êtes devenu , votre scolarité ….,enfin comment vous vous en êtes sorti, pas par voyeurisme mais , quelque part pour me rassurer, me dire qu’on peut y arriver . Merci pour Baptiste et pour moi .
C’est re-moi as-tu fait des terreurs nocturnes étant petit ? Baptiste en fait pour ainsi dire toutes les nuits, nous ne savons pas comment faire pour que cela cesse ? Merci